Fashion

La minorité des Ouïghours

Si vous suivez l’actualité, vous avez très probablement entendu parler de la situation des Ouïghours en Chine, exploités par la fast-fashion.

Bonjour à tou·te·s, 

Si vous suivez l’actualité, vous avez probablement entendu parler de la situation des Ouïghours en Chine. Etant rédactrice de mode éthique, il me semble important d’en parler comme iels sont exploité·e·s par certaines marques de fast-fashion. 

Le contexte

Officiellement, la Chine est composée de 55 minorités ethniques, dont les Ouïghours et les Hans (ethnie majoritaire qui représente 92%). Les Ouïghours sont d’origine musulmane et vivent dans la région de Xinjiang

En 2013, des attentats perpétrés par des militant·e·s nationalistes ouïghours secouent la Chine. Après cela, les autorités chinoises ont commencé à déporter les Ouïghours au nom de la lutte antiterroriste. Le but est de repeupler la région de Xinjiang par d’autres ethnies, comme celle des Hans. Au 20èmesiècle, les Ouïghours représentaient 75% de la population de cette province. Au début des années 2010, leur proportion est passée à 45% tandis que celle des Hans a augmenté jusqu’à 40%. 

Depuis 2017, des milliers de prisonniers Ouïghours sont rassemblé·e·s dans des camps d’internement secrets et sont forcé·e·s à travailler dans les usines de grandes marques mondialement connues. Iels sont forcé·e·s de travailler dans des usines pour des salaires très faibles ou sans rémunération. 

La Chine présente ces camps comme « centres de formation personnelle » mais il s’agit de camps de rééducation politique. Les Ouïghours doivent renoncer à leur culture en apprenant le mandarin et s’éloignant du culte islamiste. Plusieurs sources ont mis en lumière les actions commises dans ces camps : séances de torture, viols, privation de nourriture et stérilisation forcée des femmes. Iels vivent sous le contrôle constant du Parti Communiste. Les autorités ont également mis en place un système de surveillance via les smartphones, la reconnaissance faciale et la collecte d’ADN.

Rémi Castets (directeur du département d’études chinoises à l’Université Bordeaux Montaigne) explique que le but du gouvernement chinois est d’homogénéiser la population au niveau culturel et d’imposer son modèle national aux minorités ethniques. Pourquoi ? Car il considère que la minorité des Ouïghours a une volonté d’indépendance par rapport à l’ethnie majoritaire en Chine. 

Le lien avec l’industrie de la mode

Comme vous le savez probablement, l’industrie de la mode exploite un grand nombre d’êtres vivants partout dans le monde. Mais quel est le lien avec la minorité des Ouïghours ? En réalité, la fast-fashion est accusée de profiter du travail forcé de cette minorité. De plus, la Chine est le plus gros producteur de coton. Il est probable qu’un grand nombre de vêtements en coton est issu du travail forcé des Ouïghours. Cela peut donc augmenter l’exploitation des êtres humains et rendre complices certains pays qui reçoivent et utilisent ce coton. 

En juillet, 180 organisations de défense des droits de l’homme ont appelé les marques deprêt-à-porter à couper leurs relations avec des fournisseurs liés à ces camps. Le député européen Raphaël Glucksmann parle beaucoup de cette thématique sur son compte Instagram. Il se bat pour amener 76 marques de mode (C&A, Gap, Muji, Nike, Puma, Uniqlo…), d’électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia…), ou d’automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Jaguar…) à rompre leurs relations commerciales avec les usines où les Ouïghours sont détenus. Quelques marques ont déjà accepté mais le combat continue.

Que faire et comment aider ?

Il y a de nombreux moyens de s’impliquer dans la cause des Ouïghours. Tout d’abord, s’informer précisément sur le sujet est important pour en comprendre les tenants et les aboutissants. L’implication de l’industrie de la mode est avérée donc le boycott de certaines marques peut être une solution. 

De plus, plusieurs initiatives ont été créées. Par exemple, celle du « carré bleu » sur Instagram lancée par Pierre Brussière. En publiant une image bleue sur votre profil avec une légende spécifique, vous montrez votre soutien aux Ouïghours. Cela permet d’attirer l’attention sur ce réseau social, comme ça a été réalisé avec le mouvement « Black Lives Matter ». 

Comme mentionné plus haut, Raphaël Glucksmann tente de sensibiliser les citoyens et les multinationales à cette cause. Dans un post Instagram récent, il invite chaque utilisateur à tagger trois marques pour attirer leur attention. En fonction du nombre de participants, cette initiative peut porter ses fruits à long terme alors n’hésitez pas à y jeter un œil. 

Des organisations de défense des êtres humains comme Amnesty International ont lancé des pétitions pour faire valoir les droits humains des Ouïghours. Etre signataire de ces pétitions est une bonne solution pour prendre part à cette cause. Vous pourrez trouver une petite liste à la fin de cet article.  

Pour finir, en parler autour de vous pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes à ce sujet afin de provoquer un effet papillon, c’est déjà bien. Chaque petite action compte. 

J’espère que cet article vous aura été utile et que le sujet vous intéresse. A bientôt.


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Liste de pétitions :

https://www.change.org/p/agissez-pour-la-protection-des-ouïghours-musulmans-en-chine-antonioguterres-amnesty-un

https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-ligne/petitions/Ouighours-Chine

Sources :

Da Sois, J. (2020). Ouïghours en Chine : tout comprendre sur la situation. CNews. Récupéré en ligne le 20 octobre 2020 du site https://www.cnews.fr/monde/2020-07-30/tout-comprendre-sur-la-situation-des-ouighours-en-chine-983352

Wattecamps, M. (2020). Ouïghours : les marques vont-elles réellement s’engager ? Au féminin. Récupéré en ligne le 19 octobre 2020 du site https://www.aufeminin.com/news-societe/ouighours-en-dehors-du-carre-bleu-que-faire-s4017792.html

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