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Madu Beecare, une marque de cosmétiques issus de la ruche

Madu Beecare est une marque de cosmétiques à base de produits issus des abeilles. Rencontre avec Annika, une des créatrices pour en savoir un peu plus sur cette chouette marque.

Pour répondre à une demande croissante, de nombreuses marques de cosmétiques naturels et éthiques voient le jour. C’est le cas de Madu Beecare, créée par Annika, Nina et Karina qui ont grandi dans une famille d’apiculteurs et d’apicultrices, et qui sont sensibles aux bienfaits des abeilles. Elles ont créé leur entreprise pour proposer des produits à base d’ingrédients issus de la ruche. Lors d’une interview, j’ai pu discuter avec une des créatrices, Annika.

Les trois créatrices de la marque Madu Beecare.
Les trois créatrices de la marque Madu Beecare.

Bonjour! Alors, est-ce que tu peux présenter le concept de Madu Beecare ?

Une grande partie de notre ADN, ce sont les abeilles. Notre souhait est de créer une gamme de produits raisonnée, durable et naturelle qui sensibilise les consommat·eur·rice·s à l’importance des abeilles dans notre écosystème et aux challenges auxquels elles font face. On vient d’une famille d’apiculteurs et d’apicultrices, on a grandi avec cette connaissance des produits qui proviennent des abeilles. On voudrait aider chacun à faire un changement à petite échelle car si tout le monde le fait, ça a un grand impact. Le but est de faire une transition vers des produits plus écologiques en supportant la cause des abeilles.

Comment le projet a-t-il démarré concrètement ?

Il a démarré en janvier 2019, par ma propre fascination et ma propre envie de faire mes propres cosmétiques. Mes cheveux sont très longs et je fais toujours attention à ce que je mets sur mes cheveux. C’était difficile de trouver un produit qui me convenait car si on ne veut pas de silicones, ça enlève toute une énorme partie du marché. Les huiles sur le marché laissaient un film gras sur mes cheveux et cela ne me convenait pas. 

Du coup, j’ai commencé à rechercher un produit convenable en faisant mes petites concoctions à la maison. Je les ai partagés avec des ami·e·s et j’ai senti qu’il y avait une demande pour ce type de produit. En plus, j’intégrais des produits de la ruche à chaque fois. Beaucoup de gens m’ont dit de me lancer dans cette industrie-là. Ensuite, j’en ai parlé à ma sœur et ma cousine qui ont vite rejoint le projet. Franchement, c’est génial d’être à plusieurs parce que toute seule, c’est impossible, ça prend énormément de temps. En plus, c’est rassurant de partager ses idées avec quelqu’un d’autre, on va clairement plus loin à plusieurs. 

Les étapes de création de la formule ont pris 8 à 10 mois. De plus, on travaille à temps plein ou on étudie à côté de ce projet. La formulation demande beaucoup de temps et c’est quelque chose qu’on n’a pas voulu faire trop rapidement non plus. De fil en aiguille, on a créé la compagnie en Belgique et un crowdfunding pour lancer la production. Quand on a lancé notre crowdfunding, on a atteint l’objectif dans les douze premières heures, ce qui était assez étonnant. On ne s’attendait pas du tout à ce que ça aille aussi rapidement. On a terminé avec 177% et ça nous a permis de réaliser la première production qui va se terminer dans plus ou moins 10 jours. Le crowdfunding nous aura aidé à ouvrir le premier chapitre et on a hâte de voir les prochaines étapes.

Est-ce que le nom Madu Beecare a une signification particulière ?

A la base, on s’appelait « Ambrosia » qui est censé représenter le nectar que les dieux grecs mangeaient pour devenir immortels. Ca a une chouette signification mais c’était déjà très utilisé dans l’industrie. « Madu » signifie en fait « miel » en indonésien, ça a un côté exotique. On trouvait ça très mignon et assez « catchy », on se le rappelle assez facilement.

Est-ce que toutes les étapes de production sont réalisées en Belgique ou ailleurs également ?

On fabrique la cire d’abeille et le miel à Rocherath en Belgique. Au début, on avait essayé de créer un produit par nous-même, en regardant des vidéos YouTube. Après, on a commencé à travailler avec un laboratoire belge pour nous aider à rendre la formule plus agréable et la plus efficace possible. Il·elle·s nous ont aussi aidées à tester la formule. En réalité, il y a trois mois de test pour chaque produit qui veut être vendu sur le marché européen. Après, il·elle·s nous ont aidées à produire aussi à très petite échelle. En ce moment, on a produit mille flacons donc on est encore au tout début. La plupart des étapes est réalisée en Belgique. En plus, on fait la communication et le marketing nous-même. 

Certaines matières premières viennent d’Europe car on ne les trouve pas en Belgique. Malgré tout, on essaie de choisir les options les plus raisonnées possibles. Pour le packaging, nos bouteilles et nos pipettes viennent d’Europe. On dit un grand non à tout ce qui est hors Europe

Est-ce que vous avez développé Madu Beecare pour les bienfaits des produits de la ruche ?

Oui, notre but est d’intégrer les bienfaits de tout ce qui vient des abeilles dans les soins. J’ai grandi dans cet environnement et j’en suis convaincue, des études prouvent que ça a un effet positif. On veut aussi lier les produits naturels à la protection des abeilles. Dans nos ruches familiales, on peut observer qu’il y a un énorme déclin au niveau de la population des abeilles. Il y a donc beaucoup de choses qui doivent être faites et que chacun peut faire à son niveau. Pour ça, nous reversons 1€ par flacon vendu à l’association Apis Bruoc Sella. Elle s’engage à refleurir les villes, aider les polinisateurs et sensibiliser dans les écoles. C’est vraiment pour lier ces deux mondes-là et en faire profiter le plus de personnes possibles. 

Quels sont vos objectifs pour le futur de Madu Beecare ?

On est déjà en train de travailler sur un deuxième produit. On veut évidemment élargir la gamme et intégrer d’autres éléments de la ruche. Pour l’huile, on a décidé de mettre de la cire d’abeille. Pour faire fondre la cire d’abeille, on doit la chauffer à 65°. Cependant, si on chauffe le miel à plus de 40°, tous ses bienfaits disparaissent. C’est comme du sucre en fait, il n’y a plus de propriété antibactérienne. Dans le futur, les produits auront du miel dedans. On utilisera aussi probablement la propolis et la gelée royale : on a donc plusieurs options

De plus, on va développer le côté commercial. On aimerait commencer à vendre dans des magasins locaux, bio, très spécialisés qui sont en lien avec nos valeurs. C’est un secteur et une procédure très spécifique, il faut comprendre comment ça fonctionne. On tente de parler à des gens qui ont plus d’expérience que nous pour s’en inspirer un petit peu.

Récemment, on a écrit un article sur l’apithérapie. Est-ce que vous essayez de faire ce genre de choses aussi ?

On n’est pas spécialisées là-dedans car je dirais que ça fait plus partie du milieu scientifique. Cependant, dans notre famille, on a ajouté un tube avec un masque à une ruche. En mettant la bouche et le nez, on peut respirer l’air de la ruche pendant une heure. C’est une thérapie qui peut aider les gens qui ont des problèmes respiratoires. Un de mes oncles l’a construite car lui-même l’utilise. 

Je pense que l’article que vous avez écrit, c’était sur le venin des abeilles. Il y a eu plusieurs articles de recherche scientifique qui en sont sortis et franchement, ça ne m’étonnerait pas. Pour moi, tout ce qui vient de l’abeille est spécial. Toutefois, je ne suis pas scientifique donc je ne peux pas vraiment dire si ce point-là est correct ou pas. C’est génial de voir qu’il y a d’autres façons par lesquelles les abeilles peuvent aider. J’ai lu l’article et je pense qu’il y avait une personne de cette thérapie qu’elle se faisait à elle-même. Toutefois, il faut savoir que les abeilles meurent quand elles piquent, en perdant leurs dards. Elle faisait donc attention à sélectionner des abeilles qui allaient mourir bientôt. Il ne faut pas que ça devienne une exploitation non plus. 

Si quelqu’un te demandait des conseils pour un mode de vie plus durable, quels seraient-ils ?

De commencer petit à petit, ça ne sert à rien d’être submergé directement. Il y a plusieurs façons de faire une transition, il faut surtout trouver ce qui vous convient. Essayer de s’informer et parler à des gens est important aussi.

Enfin, ne pas se laisser faire par le greenwashing parce qu’il y en a partout. Quand de grandes marques sortent des produits bio, il faut faire attention aux produits utilisés mais aussi leur provenance. C’est un critère auquel on a fait attention : on a vraiment essayé de remonter les maillons de la chaîne d’approvisionnement. Le laboratoire travaille avec certains fournisseurs alors il sait si les produit sont bio ou pas. Par contre, quand on a demandé où étaient produits ces ingrédients, il pouvait uniquement nous dire d’où venait le fournisseur. On a vraiment dû les pousser à faire des recherches. De ce fait, on sait d’où viennent nos produits. Parfois, on a pris contact directement avec le fournisseur. 

C’est quelque chose à laquelle on va faire encore plus attention dans le futur. C’est notre première expérience donc on apprend à connaître le fonctionnement de ce domaine. On sait maintenant que c’est une étape importante. Du coup, on commencera ces conversations plus tôt dans le processus de création d’une formule par exemple. On a dit au laboratoire qu’on voulait savoir dès le début d’où proviennent les ingrédients et favoriser l’Europe. C’est toute une procédure qu’il faut mettre en place

Aurais-tu des conseils pour quelqu’un qui voudrait lancer ce genre d’entreprise ?

Il faut s’accrocher et je pense que ce n’est pas spécifique à nous. À la base, j’habite à Londres depuis quelques années et je connais un peu le processus de création d’entreprise là-bas. Il est beaucoup plus simplifié par rapport à celui qu’on a en Belgique. Ça nous a amené de la paperasse en plus pour créer notre compagnie. 

Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec des gens qui ont vécu une expérience similaire. J’utilise Instagram de manière très prononcée dans ce sens-là. Quand je rencontre une compagnie intéressante, je prends contact avec eux. On a toujours des choses à apprendre l’un de l’autre.

En résumé, s’accrocher, ne pas avoir peur de demander quand d’autres compagnies l’ont fait et juste se lancer. On ne sait pas comment ça va se développer. Il faut être au clair avec ce qu’on veut faire soi-même et se préparer le plus possible. Des compagnies y arrivent et d’autres fonctionnent moins bien mais si on essaie pas, on ne saura jamais. Il faut se lancer et faire du mieux possible. 


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