Rencontre avec Yannick, pour un reset total du corps et de l’esprit

The Natural reset, lieu de déconnexion

J’ai eu le plaisir de rencontrer Yannick, porteur d’un projet autant personnel que chargé de sens. Il a créé « The Natural Reset », un lieu reconnecté à la nature, dédié au bien-être mental mais aussi physique.

Dans une société toujours plus connectée, l’être humain a tendance à (s’)oublier l’essentiel, mais aussi de prendre soin de sa santé tant mentale que physique. En effet, on est constamment scotché·e à son téléphone, duquel on peut tout faire, tout avoir. Et la situation sanitaire actuelle n’encourage pas cela avec la nécessité de faire des rencontres et meetings virtuels.

Même si la Belgique n’est pas la plus mauvaise élève en matière de bonheur par habitant·e, elle est quand même loin derrière les pays nordiques tels que la Finlande, l’Islande ou la Norvège, précurseurs en la matière. Il est donc important de sensibiliser les gens au fait de revenir à la nature. En prévention, comme le dit si bien Yannick. Voici l’interview sans filtre de Yannick, de « The Natural Reset ».

Quel est le concept de « The NAtural Reset » en deux mots?

C’est un hébergement touristique en pleine nature, un hébergement de déconnexion avec une ambiance insolite. Il s’agira même bientôt d’un réseau de déconnexion, reliant différents logements remplissant certaines conditions. L’idée, c’est d’aider les gens à se déconnecter des ondes, des écrans, du stress du quotidien et de les pousser à se reconnecter à la nature et à eux-mêmes. Le premier hébergement est une tente canadienne de 25m2. 

Est-ce que le nom a une signification particulière?

J’ai voulu utiliser le vocabulaire informatique « Reset ». À peu près toutes les personnes de notre génération connaît ce mot, ce bouton sur lequel on appuie pour rétablir les paramètres d’usine. Il y a ensuite le signe on/off du logo retourné, formant ainsi un arbre. L’idée c’est donc ce bouton caché, mais naturel, sur lequel on peut appuyer pour se ressourcer en utilisant les principes de la biophilie. La biophilie, c’est cet appel profond, presque animal en fait, qui nous attire vers la nature. S’y immerger permet de remettre à zéro certains paramètres du corps et de l’esprit. 

Comment ton projet a démarré?

Le projet a démarré pendant mon Master en animation socio-culturelle et éducation permanente. Pendant ces dernières années d’étude, on a développé un mémoire pratique où l’on devait créer une animation à proprement parler. On a donc créé une campagne de sensibilisation et d’information sur l’immersion en pleine nature à Bruxelles : Respirapolis. J’ai emmagasiné pleins d’informations par rapport à ça, à propos des bienfaits sur notre santé. De là m’est venu l’idée de Natural Reset. J’ai d’ailleurs eu la chance de participer à un incubateur d’entreprise, le Boost Your Project. Tout s’est enchaîné depuis : un mi-temps pour assurer mes arrières, de nombreux contacts, un premier terrain, un premier logement. 

Pourquoi ce concept en particulier?

J’ai envie de partager les informations que j’ai acquises sur l’immersion en pleine nature et ses bienfaits. Puis, j’ai aussi l’intuition que si on prouve aux gens que la nature est quelque chose de positif pour eux, ça va les pousser à faire plus attention à celle-ci, de provoquer l’envie de la défendre davantage. Dans un registre plus personnel, j’ai eu à un moment de ma vie ce besoin de reconnexion à la nature, qui m’a poussé vers quelque chose de positif. C’est pour cela que je souhaiterais rendre ce projet le plus accessible possible dans cette optique de prévention des burn-out et des dépressions, par exemple. 

Quand as-tu décidé de te lancer?

C’était juste avant l’été 2019, après mon Master et l’incubateur. J’ai tout installé en juillet et ai eu les premières réservations à la fin du même mois.

Intérieur de la tente canadienne de 25m2. Crédits: « The Natural Reset »

Penses-tu qu’en Belgique on est aussi avancés en matière de sensibilisation par rapport à la nature et aux bienfaits qu’elle peut apporter à la santé mentale et au corps?

On n’est pas sensibilisé de la même manière. Comme on est un pays agricole, on est plus sensibilisés au niveau de la permaculture, par exemple. Ça reste très matériel et très économique. Mais du point de vue santé mentale et de tout ce qu’il y a de bon comme en Norvège, au Japon ou en Corée, notamment, on n’y est pas encore. Ils ont une proximité très culturelle avec la nature, différente par rapport à la nôtre. On est un pays très densément peuplé aussi, c’est donc devenu compliqué de trouver un bout de bois sans avoir une route ou une voie ferrée à côté. Au Japon par exemple, ils ont cette culture de la nature et des bains de forêts. Ici, les gens ne sont juste quasiment pas au courant que la nature a un impact sur la santé mentale et physique, je pense. 

C’est donc un problème d’éducation pour toi?

Je pense que tout est une question d’éducation à la base. C’est probablement un problème d’information par rapport à ces bienfaits, et surtout d’infrastructure. À Bruxelles, par exemple, tu as encore de nombreux endroits où tu dois marcher un bon moment avant de trouver un bout de nature. 

Quels sont tes objectifs avec ton projet?

J’aimerais continuer à le développer à fond, avoir plusieurs logements et les rendre plus accessibles financièrement parlant. Car pour l’instant c’est un service de luxe, mais j’aimerais le rendre plus accessible aux gens. Ça c’est l’objectif à moyen terme. Et alors personnellement, j’aimerais en faire quelque chose qui parle au public, les marquer de manière positive. Avec des connaissances qu’ils pourraient acquérir sur place au sujet des bienfaits de la nature et pourquoi pas, de l’écologie.

Si quelqu’un te demande un conseil pour commencer un mode de vie plus connecté à la nature, que lui dirais-tu?

20 à 30 minutes dans un parc tous les jours pendant deux semaines et voir s’il sent des modifications. Et je pense que ça fonctionnera. Ça motive, on est moins stressé et ça devient vite un besoin en fait.

Quelque chose à ajouter?

J’espère simplement que mon projet apportera des choses positives aux gens, même juste quelques personnes, c’est déjà bien ! Changer le monde à petite échelle. 

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